Alors que l’on s’attriste partout de la baisse du niveau en mathématiques et en sciences des élèves français, il est intéressant de noter que depuis de nombreuses années, une autre catégorie de la population nous démontre régulièrement qu'effectivement, le niveau a baissé. Je parle bien sûr de nos chères « élites », ayant fait de longues études pour nous gouverner / diriger avec rigueur.

 

Xavier Darcos, avril 2008
Ancien ministre de l'Education Nationale, agrégé de lettres classiques, doctorant en études latines, etc.
Après une première mauvaise réponse sur un verbe à conjuguer au passé antérieur (alors qu’il était agrégé de lettres classiques et devait devenir académicien en 2013... !), la chroniqueuse Ariane Massenet lui demande : « 4 stylos valent 2.42 € : combien valent 14 stylos ? »


 

Bruno Le Maire, 22 février 2011
Après avoir effectué ses classes préparatoires littéraires au lycée Louis-le-Grand, il intègre l'École normale supérieure (ENS) en 1989 (section lettres). Il obtient une licence d'allemand, puis une maîtrise de lettres. En 1992, il est reçu premier de l'agrégation de lettres modernes. Diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris en 1993, il intègre l'École nationale d'administration (ENA).
Il est ministre de l'Agriculture au moment des faits, puis ministre de l'Économie et des Finances sous les quinquennats de Macron.
Lors d'une émission de Canal+, la chroniqueuse Ariane Massenet lui demande : « Un hectare, c'est quoi ? ».
Réponse de B. Le Maire : « Ben, c'est un hectare... ».
Elle insiste : « Oui, c'est combien, en mètres ? ».
Réponse : « Alors ça, j'ai jamais été doué en maths... ».
 
La question, autant que la réponse, est hallucinante : un hectare, c'est 10 000 m², ce n'est pas des mètres ! C'est l'aire d'une surface !
Il est d'ailleurs intéressant de se demander comment un agrégé de lettres modernes, visiblement pas du tout à l'aise avec les rudiments de mathématiques de l'école primaire et du collège, peut gérer l'économie et les finances d'un pays comme la France.
Assez étrange quand on sait la complexité du système monétaire et financier actuel.
Voir la vidéo ci-dessous, ça commence à 1:42 :

 

Valérie Pécresse, mars 2011
Elle obtient son Bac à 16 ans, passe par une classe préparatoire économique et commerciale, fait HEC Paris puis l'ENA.
Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche au moment des faits, puis Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l'État.
Alors qu'elle évoquait les hausses d'impôts décidées par la gauche, elle s'est trompée dans son calcul : « le département a augmenté les impôts de 30% dans le dernier mandat, et la Région c'est 58%... Pof ! 88% d'augmentation d'impôts en 5 ans ! ».

 

 

Luc Chatel, 6 juin 2011
Ancien ministre de l'Education Nationale, titulaire d'une maîtrise de science de gestion et d'un DESS de marketing.
Il préconisait de faire faire 15 à 20 minutes de calcul mental chaque jour aux écoliers...
Invité sur RMC et BFMTV, il n'est pas parvenu à résoudre un problème de mathématiques extrait du questionnaire d'évaluation de CM2 : « 10 objets identiques coûtent 22 euros. Combien coûtent 15 de ces objets ? ».

 
 
Jean-Paul Chapel, journal de 13h de France 2 du 19 février 2013
Journaliste, "monsieur économie" de France 2 qui n'a pas fait Polytechnique mais est diplômé de l'Ecole supérieure de commerce de Paris.
Au cours de ce journal télévisé, il explique qu’il « ne faut pas avoir fait polytechnique pour comprendre que cinq hausses successives de 6% donnent une hausse totale de 30%... », en évoquant la hausse du prix de l’électricité.

 

Un journaliste sur M6 dans "Le 12:45" du jeudi 17 mars 2016
Au cours de ce journal télévisé, on annonce que « depuis 20 ans, la production d'huile de palme est passée de 15 à 56 millions de tonnes, une augmentation de plus de 25% ».

 

 

Il est assez stupéfiant d'avoir de tels diplômes (notamment en économie !) mais de ne pas savoir manipuler des pourcentages ou travailler sur la proportionnalité, notions "de base" travaillées à l'école et au collège...

Dans le même style, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner, diplômé de la faculté de droit d’Aix-en-Provence, titulaire d’un DESS de juriste d’affaires internationales et d’un diplôme de sciences pénales et de criminologie, ne savait pas que « 4 fois plus » ce n'est pas « une augmentation de 400% » : voir cet article.

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